Des jeunes pour pointer des vaches
Un concours de pointage européen, en lien avec Erasmus+, fait venir à Paris de futurs éleveurs de toute l’Europe.
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Le trophée du meilleur pointeur européen récompense un jeune élève d’un établissement agricole de la zone Europe, pour sa compétence à juger correctement une vache allaitante ou laitière sur ses caractéristiques morphologiques. Ce trophée fait partie du Concours de jugement des animaux par les jeunes (CJAJ) qui a lieu tous les ans au Salon international de l’agriculture, à Paris. Si un concours est réservé aux seuls Français, un autre est ouvert à tous les jeunes européens, via Erasmus+.
Rencontrer d’autres cultures
En 2025, ce furent deux étudiantes suédoises de la Natural Resource School Sötåsen, Karin Arkander et Freja Staugaard Werner, qui remportèrent respectivement les première et deuxième places. Cette année-là, 62 candidats en provenance de 28 pays étaient présents. Pour Annie Vuarand, enseignante d’anglais à l’EPLEFPA Georges Pompidou-Enilvv d’Aurillac (1) et animatrice du réseau Europe du Nord, « ce concours est une opportunité pour les jeunes de rencontrer d’autres cultures et de s’ouvrir au monde. Le premier soir, un buffet est organisé et chaque pays apporte ses spécialités. C’est un vrai moment de partage ».
Pour organiser ce trophée, 13 animateurs de réseau, également enseignants dans des lycées agricoles en France, ont en charge une zone spécifique d’Europe. Grâce au travail d’Annie, par exemple, l’Islande a été représentée pour la première fois en 2025. Elle a ainsi pu rencontrer Karen Björg Gestsdóttir, enseignante à l’Université agricole d’Islande et accompagnatrice de l’équipe islandaise. Karen témoigne : « L’expérience est fantastique. Je n’étais jamais allée en France auparavant, c’était donc tout nouveau pour tous les membres du groupe, mais nous avons vraiment apprécié notre séjour à Paris. L’organisation du concours était bonne, ce qui a facilité les choses. Ce que j’ai le plus apprécié, c’est le buffet européen, qui nous a permis de rencontrer et de connaître tant de gens formidables et d’en apprendre un peu plus sur la culture culinaire des pays participants. J’ai aussi beaucoup aimé observer les différentes races de bovin, car nous n’avons qu’une seule race laitière en Islande. »
Les races bovines à l’honneur
L’un de ses élèves, Ingiberg Daði Kjartansson, 22 ans, était présent cette année. « J’ai toujours été passionné par les animaux, explique-t-il. Lorsque mes professeurs m’ont parlé du concours, je leur ai immédiatement demandé de m’inscrire. Je ne le regrette pas du tout, car cette expérience m’a beaucoup apporté. Au début, j’étais un peu nerveux, d’autant plus que nous n’avons pas de vaches prim’holsteins en Islande et que c’était la première fois que j’en voyais. Mais, avec le recul, je pense que je me suis très bien débrouillé et que je me suis senti à ma place. Grâce au concours, j’ai beaucoup appris sur l’agriculture dans différents pays et j’ai rencontré de nombreuses personnes. »
Le concours est organisé sur trois jours depuis une vingtaine d’années. Deux vaches laitières et deux vaches à viande doivent être jugées par les jeunes, chacune en 15 minutes au maximum, sans échanger avec les autres élèves ou leur enseignant, même du regard. L’objectif du concours est de « contribuer à sensibiliser les jeunes à l’importance de la description et de l’appréciation morphologique des animaux dans le travail de sélection et pour le revenu de l’éleveur ».
(1) Établissement public local d’enseignement et de formation professionnelle agricoles Georges Pompidou-École nationale des industries du lait et des viandes.
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